Bertrand Monthubert |

Une enquête de grande ampleur vient d’être réalisée en France par des chercheurs au sujet de la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche, à l’initiative de l’intersyndicale. Alors que Valérie Pécresse s’était engagée à dénombrer les personnels précaires, il a fallu attendre que ce soient des chercheurs qui s’en occupent. (Lire la suite…)

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fév/10

4

Non à l’expulsion d’Achraf El Ouanzi

Communiqué de Bertrand Monthubert, secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche

La France porte historiquement une tradition d’accueil d’étudiants étrangers dans ses universités. Il s’agit d’un enjeu important pour la circulation des savoirs, l’enrichissement de notre société, et le rayonnement de notre pays et de notre culture.

Pourtant, les politiques d’immigration mises en place ces dernières années ont conduit à un accroissement des difficultés pour les étudiants étrangers. Nous vivons aujourd’hui des situations inacceptables. (Lire la suite…)

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Pour faire une belle séquence media, il faut du teasing. Celle de cette semaine a débuté avec l’ »interview » de Nicolas Sarkozy, qui est un peu à la vraie interview ce qu’est le publi-reportage à la presse. Je reviendrai dans un autre billet sur ce moment de communication élyséenne. Au cours de ce passage télévisé, Sarkozy s’est montré confiant sur le front du chômage, alors l’on prévoit 1 million de chômeurs en fins de droits en 2010. Il fallait donc, pour le second temps du teasing, une belle annonce sur le front de l’emploi. Elle est tombée aujourd’hui : une baisse de 0,7% des chômeurs de catégorie A. Sauf que, comme l’explique très bien Alain Vidalies dans un communiqué que je reproduis ci-dessous, cette baisse est liée au mode de décompte des chômeurs… et si on ajoute les chômeurs de catégorie B et C, on a une hausse de 8 600 ! (Lire la suite…)

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Décidément, le gouvernement répète sans cesse les mêmes manoeuvres. Dans une dramaturgie bien rodée, il commence par pointer du doigt un coupable. Par exemple, les banquiers et leurs bonus extravagants, Renault et son intention de délocaliser la production de la Clio, ou les grandes écoles qui ne recrutent pas assez de boursiers. Acte II, rencontre bien médiatique entre l’hyper-président, ou la super-ministre, et les coupables : banquiers, PDG de Renault, ou directeurs de Grandes Ecoles. Cela donne l’occasion d’une belle photo. A la fin de l’acte II, un communiqué assène que le pouvoir a obtenu des engagements importants de la part des coupables. Théoriquement, la pièce s’arrête là, mais dans la vraie vie il y a un acte III, dans lequel on découvre, stupéfaits, que les engagements ne sont pas tenus. Des bonus qui continuent, une Clio qui sera probablement délocalisée une fois les élections régionales passées… Reste pour le pouvoir à espérer avoir réussi à faire zapper les Français sur un autre sujet, afin d’éviter qu’ils ne voient l’acte III. (Lire la suite…)

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jan/10

15

Les chercheurs, chouchous des Français

On a beaucoup commenté cette semaine l’enquête conduite par le CEVIPOF au sujet de la confiance accordée à diverses organisations et institutions. On a en fait surtout parlé d’un seul des résultats de cette longue enquête : 67% des personnes interrogées déclarent n’avoir confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner ce pays.

Ce résultat, évidemment, est accablant et montre que le Parti Socialiste, et la gauche en général, ont encore un travail important à faire pour regagner la confiance. Cela dit, on en avait déjà l’intuition…

Mais il y a beaucoup d’autre résultats passionnants. Ainsi, 37% se sentent proches des partis de gauche (verts compris), contre 26% pour les partis de droite, et 12% pour le Modem et les partis écologistes indépendants.

Autre élément, la confiance envers les institutions ou organisations. Page 18, on constate que le CNRS est l’institution qui recueille le plus de confiance, soit 90%. Disons d’emblée que derrière le logo CNRS on pourrait mettre la recherche, puisque les autres institutions de recherche et d’enseignement supérieur ne sont pas citées. En queue de classement on trouve les médias et les partis politiques. On se rassurera en constant que les institutions et organisations publiques on un indice de confiance majoritaire, au contraire des organisations privées. Les attaques néo-libérales de décrédibilisation du secteur public ne prennent manifestement pas vraiment.

Une autre enquête apporte des éléments convergents. C’est celle qui a été publiée par le Nouvel Obs sur les métiers. Elle montre bien la place accordée aux chercheurs dans notre société. En tête pour le prestige (10 points devant les médecins), dans le trio de tête aussi pour l’utilité (juste derrière les médecins et infirmières), cette étude comme la précédente tord le cou aux idées reçues sur le scepticisme des Français vis-à-vis de la recherche.

Pourtant, cette confiance envers les chercheurs et leurs insitutions ne se traduit pas dans la politique de Sarkozy, qui renforce toujours plus son contrôle sur les chercheurs, refuse de créer les emplois scientifiques nécessaires à notre pays, et n’a de cesse que de déstabiliser les institutions, comme le CNRS qu’il tente de briser en morceaux.

Il casse ainsi la génération de ceux qui devraient être les chercheurs de demain, ceux qui exerceront ce métier dont on nous dit qu’il est prestigieux et digne de confiance.

Pour le PS, il faut retenir les leçons de ces enquêtes. D’abord, la crainte dans l’avenir est profonde : 70% des personnes interrogées dans la première enquête pensent que les jeunes d’aujourd’hui auront moins de
chances de réussir que leurs parents dans la société française de demain (p. 13). Et ils ont des motifs pour cela : crise économique, crise écologique, crise morale. Nous avons donc besoin d’une pensée rénovée  pour construire une autre façon de produire, de vivre en société, de répartir les richesses. Pour cela, il faut de la recherche, il faut des chercheurs pour expliquer comment fonctionne le monde, pour créer les savoirs dont certains produiront des technologies nouvelles, pour élever l’Homme, tout simplement.

La recherche n’est plus la danseuse qu’elle a été il y a bien longtemps. La construction du savoir, et sa transmission, doivent aujourd’hui prendre leur place au coeur du projet politique socialiste, à la hauteur de l’importance que leur accordent les Français. Nos concitoyens nous envoient un signal fort en ce sens : saisissons-le.

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Communiqué de Bruno Julliard,
Secrétaire national à l’éducation,
et de Bertrand Monthubert,
Secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche

Pour ses voeux au monde de l’enseignement et de la recherche, Nicolas Sarkozy vient de se livrer à un édifiant exercice de style. Abandonnant pour une fois le ton méprisant et insultant avec lequel il s’adresse d’habitude au monde de l’enseignement et de la recherche, il se proclame aujourd’hui le meilleur défenseur de la science et de la diffusion du savoir. Cette volte-face l’amène, fidèle à une tactique bien éprouvée, à s’approprier les valeurs de ses adversaires et à énoncer des objectifs largement partagés. Mais elle ne doit pas faire illusion.

On ne juge pas un Président de la République à l’aune de son discours, mais de ses actes. Or, une fois encore, l’écart est stupéfiant entre les déclarations d’intention et les faits.

Nicolas Sarkozy a beau jeu de se lamenter sur la faible attractivité des carrières scientifiques, lui qui est à l’origine de 900 suppressions de postes d’enseignants-chercheurs en 2009.

Il tente de faire croire qu’il investit dans la recherche et l’enseignement supérieur, alors qu’il est comptable d’une baisse ininterrompue de l’effort de recherche en France et que sa majorité au parlement vient de voter 150 millions d’annulations de crédits dans ce secteur. Derrière les annonces mirifiques se cachent des faits : les 19 milliards promis à la recherche et à l’université dans le cadre du grand emprunt ne se traduiront, en réalité, que par quelques centaines de millions d’euros réellement utilisables.

Le Président de la République vante les vertus des sciences humaines et de « l’histoire ancienne », quand son gouvernement supprime l’enseignement de l’histoire-géographie en terminale scientifique.

Il prétend vouloir revaloriser la condition enseignante et s’obstine à vouloir mettre en œuvre, sans aucune concertation, une réforme de la formation des enseignants dénoncée de toutes parts.

Il assigne un objectif de démocratisation de l’enseignement supérieur – largement focalisé sur les Grandes écoles –, mais fragilise les établissements scolaires, là où se trouvent les causes de la persistance des inégalités : suppressions de postes par dizaines de milliers (13 500 en 2009, 16 000 en 2010…), disparition programmée des Rased, ghettoïsation des établissements des quartiers en difficulté via la suppression de la carte scolaire…

Pour les enseignants, pour les chercheurs, pour tous ceux qui font vivre les établissements où le savoir se crée et se transmet, pour tous ceux qui y étudient, ce discours n’est qu’un nouvel exercice d’illusionnisme.

Il est temps d’arrêter les discours et de prendre véritablement la mesure de l’urgence et de mettre en œuvre une autre politique de l’enseignement et de la recherche.

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Tribune de Benoit HAMON, Porte parole du parti socialiste, Bertrand Monthubert, Secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche, publiée sur Médiapart


Depuis plusieurs jours, une polémique surjouée par Valérie Pécresse l’oppose à la Conférence des Grandes Ecoles au sujet de l’accueil des élèves boursiers. Ce débat délibérément mal posé cache les véritables enjeux de la démocratisation de ces écoles, mais plus généralement des filières longues et prestigieuses de l’enseignement supérieur. (Lire la suite…)

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La démocratisation de l’enseignement supérieur mérite un vrai débat. Celui lancé par Valérie Pécresse masque les vrais enjeux. Ce matin sur RTL, elle s’est vantée d’avoir fait passer le taux de boursiers à 30% dans les classes préparatoires. Mais cela s’est fait en augmentant le nombre de boursiers, surtout les boursiers à taux 0 qui sont exonérés de droits d’inscription… qui n’existent pas en classes préparatoires ! Le taux de boursiers est un mauvais thermomètre de la démocratisation.
Par ailleurs, Valérie Pécresse ne sais manifestement pas de quoi elle parle. Elle a ainsi dit qu’elle veut travailler sur la gratuité des concours, citant en premier chef Polytechnique et Normale Sup. On peut lui prédire beaucoup de succès, car ces deux concours sont gratuits pour les boursiers.

Pour le PS, la démocratisation est un enjeu fort. Nous publierons très vite une tribune sur cette question.

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jan/10

5

Besson et les dérapages du débat national

Comment se sortir du bourbier du débat national ? Conçu pour tenter de recapter les voix du Front National, le gouvernement a fait une analyse politique à courte vue. Comme l’a bien expliqué Stéphane Rozès sur France Inter, si Nicolas Sarkozy a pu conduire des électeurs du Front National à voter pour lui, c’est en raison de sa thématique autour du travail plus que sur les questions d’immigration. (Lire la suite…)

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jan/10

4

Nicolas Sarkozy et l’art de l’antiphras

Pour ses voeux, le Président de la République a appelé à « redonner un sens au beau mot de fraternité », ce troisième mot de notre devise souvent oublié derrière la liberté et l’égalité. Une fraternité d’autant plus nécessaire dans une période de crise, et qui rappelle l’appel de Benoît XVI aux catholiques pour qu’ils soient solidaires de ceux qui sont touchés par la crise. Une fraternité qui est pourtant mise à mal par l’essence même de la politique de Sarkozy, et par sa rhétorique. En ce sens, la phrase « redonner un sens » n’est pas anodine, et sonne même comme un aveu chez quelqu’un qui ne fait que jouer sur la confusion des mots et la destruction de leur sens. (Lire la suite…)

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