Pourquoi le Stade de France était-il envahi de papillons lors de la finale de l’Euro ?

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L’équipe de France peinait à sortir de son cocon. Eux déployaient leurs ailes partout. Sur la pelouse du Stade de France, des milliers d’indésirables ont perturbé le match final de l’Euro 2016, défiant le service de sécurité, martyrisant le maquillage des présentateurs et s’invitant même sur les ralentis.

 

[Vous l’avez vu ?]

Venu en bande, le papillon Gamma (Autographa gamma), un lépidoptère de la famille des Noctuidae, n’a cessé de susciter les commentaires tantôt amusés, tantôt agacés des fans. « C’est un papillon de nuit migrateur très commun en Europe, explique Rodolphe Rougerie, entomologiste au Muséum national d’histoire naturelle. A cette période l’année, il parcourt des milliers de kilomètres, depuis l’Afrique du Nord et le sud de l’Europe, pour chercher des régions plus fraîches vers le Royaume-Uni ou la Scandinavie. Lors de ces périples, ils se déplacent parfois en essaim. »

Totalement insensibles au choc Griezmann-Ronaldo (sans doute parce qu’il n’a finalement pas eu lieu), les insectes se sont pourtant rassemblés en nombre sous les puissants projecteurs du Stade de France. « On ne sait pas exactement pourquoi les papillons de nuit sont attirés par la lumière, note l’expert. L’une des hypothèses est qu’ils sont guidés par les sources lumineuses naturelles, comme la Lune ou les étoiles, et que les éclairages artificiels les perturbent. »

L’UEFA, de son côté, dément une quelconque opération de luminothérapie de la pelouse. « C’est une opération qui se pratique en hiver, une sorte d’UV effectué un mètre au-dessus des pelouses, pour faciliter leur pousse », indique-t-on du côté de l’organisateur de l’Euro. Quant aux projecteurs, ils sont normalement éteints à partir de 3 heures du matin. On ne sait donc pas d’où viennent les papillons, qui ont aussi envahi le stade annexe. »

Une autre option est envisagée : après un si long périple, dans une ambiance chauffée à blanc par plus de 80 000 supporteurs, les insectes ont « probablement cherché à s’alimenter et à boire », avance Rodolphe Rougerie. Repoussés par les tarifs prohibitifs de la buvette, ils ont donc préféré pomper l’eau de la pelouse ou celle de la sueur, voire des larmes des joueurs. Quitte à quelque peu dédramatiser l’instant émotion du match, lors de l’abandon de Cristiano Ronaldo.

Audrey Garric

Photo AFP

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