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Cuba : décès de Fidel Castro (1926-2016), le Lider Maximo

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Boligán (Mexique), publié dans El Universal

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Machado (Brésil)

C’est une page de l’histoire qui se tourne avec la mort de Fidel Castro, cet homme d’État latino-américain tout aussi légendaire que controversé. En 1959, il avait renversé le dictateur Fulgencio Batista à La Havane avec l’aide du mythique révolutionnaire Ernesto Che Guevara et instauré la révolution communiste. Resté cinq décennies au pouvoir depuis lors, il a suscité de nombreuses polémiques et déchaîné les passions de la scène internationale tout au long de son règne. « L’Histoire m’absoudra! » avait-il déclaré en 1954.

En 2011, il cède le pouvoir à son frère Raul Castro. Il s’est éteint le 25 novembre 2016. Une semaine de deuil national a été décrété sur l’île.

Révolutions sexuelles

 

 

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La question peut paraître surprenante, mais elle est pertinente : y-a-t-il eu une révolution sexuelle ? Et quand a-t-elle commencé ?

On oppose souvent la société traditionnelle à la modernité dans tout ce qui les oppose, du lien à la religion, de la suprématie du groupe à l’avènement du sujet, de la domination masculine à un meilleur équilibre entre les sexes. Le récent ouvrage d’Alain Giami et Gert Hekma, Révolutions sexuelles*, nous permet de nous interroger sur des évidences qui sont, en réalité, souvent remises en question.

La révolution sexuelle moderne des années 1960 et 1970 est en fait un moment d’un processus historique de longue durée qui a débuté avec une première époque à la publication des écrits des philosophes et des écrivains au 18e siècle avant la survenue de la Révolution française. Une deuxième époque, à la fin du 19e siècle, par les débuts de la modernisation de la sexualité et notamment la naissance de la sexologie. Une troisième époque avec le mouvement de la révolution sexuelle dans le contexte de la reconstruction sociale des sociétés occidentales (Etats-Unis et Europe) à la sortie de la deuxième guerre et au moment de la décolonisation. « La révolution sexuelle moderne prend place dans un processus de plus courte durée, vers la fin des années 1960 au moment où les mouvements sociaux et surtout les mouvements de la jeunesse commencent à manifester en faveur de la liberté sexuelle. »

Cette évidence est cependant remise en question depuis quelques années par de nombreux auteurs, que l’on peut qualifier de « révisionnistes », en particulier en France, avec l’historien0 François Furet qui marginalise cette évolution et la réduit à de simples processus de transformation ou de modernisation sociale, ou encore à des évènements insignifiants.

Nous savons combien l’ensemble des évènements qui constitue cette période, a été fondamental, notamment l’évolution du rôle des femmes et des féminismes dans les grandes évolutions du 20e siècle. « L’étude des révolutions sexuelles du 20e siècle s’inscrit ainsi de plein pied dans l’histoire des controverses historiques qui ont animé l’histoire générale de cette période. »

Les débats militants

« Il y a actuellement de nombreux débats sur les « printemps » qui se sont déroulés dans de nombreux pays, notamment en lien avec les actions menées par les Femen en Europe de l’Est ou encore en référence avec les débats sur la criminalisation de l’homophobie au Brésil.

« Les militants engagés dans ces mouvements pourraient certainement bénéficier de ce que l’on a appris au cours de ces dernières années dans les pays du nord : la dissociation de la sexualité et du mariage, de la reproduction et du genre, l’émancipation politique et subjective des gays et des lesbiennes, la multiplication des identifications de genre, l’importance des plaisirs érotiques pour le bien-être global des personnes, des attitudes plus détendues envers les mœurs sexuelles. »

« On peut raisonnablement considérer que des progrès ont été réalisés. Les nouvelles idées de « santé sexuelle » et de « droits sexuels », qui d’une certaine façon représentent une nouvelle forme de moralisation de la sexualité, comme forme de « vie saine », rencontrent par ailleurs l’opposition des fondamentalismes religieux qui sont en pleine recrudescence. »

Michel Foucault

L’intervention de Michel Foucault, qui a remis en question l’hypothèse répressive pour une reformulation en terme de production et de formation des sexualités dans la Volonté de savoir (1976), a renouvelé le champ de ces controverses. Foucault a certainement montré comment la sexualité est devenue une question centrale dans le rapport au pouvoir, au savoir, au sujet et surtout à la vérité dans la civilisation occidentale à partir du 18e siècle.

A l’instar de toutes les révolutions et notamment de la Révolution française, les révolutions sexuelles des années 1960-1970 ont été construites comme des récits historiques. Cependant l’existence même d’une telle révolution sexuelle est mise en doute par certains auteurs – que l’on peut qualifier de révisionnistes – qui ont tenté d’en minimiser la portée en déclarant qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une révolution. « Il est clair en d’autres termes, que la « libération sexuelle » a largement préservé le modèle de l’hétérosexualité à domination masculine » (Autain, 2002). Dans une autre perspective, les conservateurs se sont plaints du déclin de la monogamie, du mariage et de la moralité de la jeunesse, comme l’église catholique continue de le faire actuellement.

En 1789, l’œuvre des pornographes et des libertins, tels La Mettrie, Restif de la Bretonne, Mirabeau, Sade…, a préparé la révolution française. Sade dénonçait à la fois la morale sexuelle de l’ancien régime et de l’église catholique mais aussi celle des philosophes des lumières qui, selon lui, n’avaient pas osé pousser assez loin leurs idées. De façon extrême, Sade proposa même, dans la fiction que constitue les Cent vingt journées de Sodome, un ordonnancement réglementé de façon extrême des actes sexuels allant jusqu’à la prohibition des actes sexuels associés à la reproduction.

 

Charles Fourier était un autre penseur radical de cette époque des Lumières dont les idées sur la sexualité ont été adoptées par les militants de la révolution sexuelle. Son Nouveau monde amoureux n’a pourtant été publié intégralement qu’en 1967 ! Il soulignait que la monogamie et la famille nucléaire étaient des institutions égoïstes réduisant très fortement les besoins sociaux et les pressions sexuelles.

 

« Ce qui réunit des penseurs comme Sade, Fourier, Diderot et même Mirabeau, nous dit cet ouvrage sur les Révolutions sexuelles, c’est le plaidoyer et la démonstration du caractère bénéfique de l’activité sexuelle érotique complètement détachée des actes reproducteurs, soit des actes génitaux et de l’hétérosexualité. Le sexe doit être réservé exclusivement au plaisir et les règles sociales doivent favoriser cette activité qui est inscrite dans la nature. »

Une réflexion vivifiante à recommander de toute urgence.

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* Giami A et Hekma G., Révolutions sexuelles, la Musardine, 2015.



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